Le rail, en France, c’est plus qu’un poème, c’est une véritable chanson de geste. Et le geste, c’est de plus en plus souvent un bras d’honneur.
Pendant que le Sénat pond de doctes rapports léni(ni)fiants sur la nécessité « d’harmoniser » les tarifs ferroviaires, déplorant avec gravité le « maquis tarifaire » où s’égare le pauvre voyageur, la vraie vie, elle, continue tranquillement son cours sur les quais. Et sur ces quais, c’est une authentique milice tarifaire qui pratique, jour après jour, son petit racket ordinaire.
Eh oui, les choses ont bien changé : le contrôleur n’est plus là pour vérifier que vous avez payé votre dû, mais pour traquer la faille administrative qui fera de vous, voyageur honnête mais surtout parfaitement solvable, un délinquant en puissance.
C’est en tout cas ce qui est récemment arrivé à une voyageuse accompagnée de sa famille et de son chien pour qui le voyage s’est rapidement mué en aventure kafkaïenne qui vaut son pesant de billets compostés. Dans son trajet avec son chien, elle s’apprête à enchaîner métro et train dans une grande gare parisienne. Elle a bien sûr tous les billets nécessaires et a même acquitté le fameux « billet animal » pour son compagnon à quatre pattes, ce sésame à 7€ sans lequel un caniche devient un passager clandestin.
Tout est donc en règle. À ceci près qu’entre la sortie du métro et l’entrée de la gare, sur quelques mètres de couloir souterrain, s’étend une « zone contrôlée SNCF », sous-royaume tarifaire dont les frontières invisibles réclament (paraît-il) un titre spécifique pour l’animal. Quelques pas de trop dans la mauvaise sous-zone, et hop : 35€ d’amende infligée séance tenante par deux agents zélés. La règle est inconnue de tous les passagers, elle n’est affichée nulle part et pour les agents en embuscade, cette ignorance se transforme en rente.
Cette fois-ci, la passagère aura fait un peu de foin sur ses réseaux sociaux et, sommée de s’expliquer, la SNCF a fini par reconnaître une « mauvaise interprétation de la règle », puis décidé d’annuler la prune. En somme, la maison admet elle-même que ses propres agents ne comprennent pas ses propres règles.
Pour une entreprise qui prétend faire rouler des trains à grande vitesse, voilà qui rassure, n’est-ce pas !
Cette histoire paraît lunaire, et le comportement des contrôleurs assez peu amène, mais ce genre d’affaire ne cesse de se multiplier. La presse en relate d’ailleurs suffisamment pour qu’on cesse d’y voir des cas isolés et qu’on y reconnaisse une tendance lourde, une certaine manière qu’ont les services publics du rail de concevoir leur « relation clientèle ».
Ainsi se souviendra-t-on de ce passager verbalisé à hauteur de 270€, au printemps 2024, pour le crime impardonnable d’avoir échangé sa place, d’un commun accord, avec un autre voyageur, histoire de rendre service.
On se souviendra aussi de cet usager délesté de 170€ parce que sa carte d’identité s’affichait sur son smartphone au format PDF et non sur le bristol cartonné officiel, l’administration adorant le numérique partout sauf le jour où un peu de papier lui permet de distribuer des amendes.
On se souviendra, enfin, de cette pluie de prunes à cinquante euros déversée début 2024 sur les familles et les touristes, coupables d’avoir une valise de trop au regard des nouvelles règles drastiques sur les bagages (Capital).
Mais comment peut-on arrive à de pareilles dérives ?
Pour réussir une pareille recette, il faut commencer par une pâte moelleuse d’incompétence et une crème épaisse de système tarifaire incompréhensible : celui de la SNCF et de la RATP est devenu si byzantin qu’il faut désormais faire appel à un avocat spécialisé pour traverser une gare avec son chien ou sa valise en parfaite conformité. Cependant, là où n’importe quelle entreprise normale chercherait à simplifier la vie de son client, la machine ferroviaire s’ingénie à la compliquer, à multiplier les sous-zones, les sous-tarifs et les sous-conditions, autant de chausse-trappes où le voyageur de bonne foi finit immanquablement par tomber. Comme si c’était fait pour…
La seconde catégorie d’ingrédients de notre recette pour l’enfer, c’est le gaspillage et l’expérience soviétique : on arrose ce dinosaure de dizaines de milliards d’euros de subventions chaque année, on réunit de doctes commissions sénatoriales, on pond des rapports mais au bout du compte, le service rendu reste digne de l’URSS finissante. Cher, souvent en grève, en panne ou en retard, sa seule efficacité véritablement redoutable réside dans sa capacité à punir financièrement un citoyen et un contribuable captifs.
Enfin, et c’est l’ingrédient qui fait véritablement lever le résultat final, ne surtout pas oublier la prime.
Car la presse le confirme : les contrôleurs touchent bel et bien 10% sur les amendes réglées immédiatement à bord. De contrôleurs, les voilà donc transformés en chasseurs de primes. Et comme chasseurs, ils sont terriblement sélectifs : le petit shérif bombe le torse devant la mamie étourdie, le père de famille trop poli ou l’étudiante manifestement solvable, mais retrouve une soudaine passion pour la contemplation de ses chaussures lorsque monte, musique à fond, le groupe qui n’a visiblement aucune intention de présenter quoi que ce soit.
L’État punitif et zélé ne s’abat jamais que sur ceux qui se laissent faire.
Cette petite tyrannie ordinaire illustre ce que n’importe quel économiste un peu sérieux connaît par cœur : quand on récompense financièrement des agents pour verbaliser, ils verbalisent. On récolte ici précisément ce que l’on incite.
Si l’on souhaitait, par extraordinaire, que ces mêmes agents renseignent, accompagnent et dépannent les voyageurs perdus dans le maquis tarifaire, il faudrait sans doute calibrer les primes pour cela. Mais cela signifierait que la SNCF transporte des clients et pas des usagés usagers. Parbleu, de fil en aiguille, elle deviendrait même un véritable service public !
Vous n’y pensez pas !





Quand les agents sont intéressés à mettre des prunes pas étonnant qu’ils cherchent à en placer le plus possible
Ils cisent surtout ses cibles rentables : solvables et qui ne risquent pas de raccourcir leur existence.
j’appelle cela de la corruption.
Peut-être parce que ça l’est ?
Ou du racket en bande organisée
Quand c’est protégé, voire encouragé par les pouvoirs publics ? Non, pas vraiment…
Ben voilà, vous avez la solution : arrêtez d’être gentils.
Mokhtar la racaille à montré la voie, il suffit de la suivre.
Montrez au cobtrolleur que vous demander quoi que ce soi et surtout de l’argent augmentera significativement le risque pour lui.
Mokthar n’est pas solvable, il est protégé par la justice et l’état
Mokhtar, 1m90 a officiellement 10 ans et demi.
Mokhtar est solvable pour ses moyens de transport totalement étrangers aux gueux.
Ami entends tu la privatisation qui arrive ?
la vente à la découpe !
ah bon , et quel candidat sérieux le propose-t-il ?
Si vous suivez un peu l’actualité, la trajectoire est inverse. Ils veulent absolument réunir à nouveau SNCF réseau et SNCF Voyageur. Les syndicats n’ont jamais accepté la scission et continueront à militer en ce sens ad vital eternam. Via le chantage permanent au grève, on peut être certain que la SNCF sera toujours une dépense, jamais une entrée d’argent. Même si une partie était privatisé, il faut bien comprendre que cela serait surtout l’occasion d’arroser un maximum de gens en interne.
Au moins quand la SBCF était une entreprise publique, le prix du billet était clair: il ne dépendait que du nombre de km en sus d’un forfait de prise en charge.
Aujourd’hui, on a le pire du public et le pire du privé.
Première nouvelle : la SNCF ne serait pas (plus) « une entreprise publique » ? Quand c’est le gouvernement qui nomme ses dirigeants ? Quand c’est le même gouvernement qui renfloue ses caisses ? Etc, etc, etc…
C’est tout aussi « privé » que EDF…
Et du coup on faisait rouler des trains à vide plutôt que de baisser les prix sur des créneaux ou la demande était moindre.
J’ajouterai un point : la ratp, autre officine de transport bien connue, recrute sur une base de discrimination positive.
En clair, c’est rempli de chances. Ceux ci, par tribalisme bien compris, contrôlent et prunent surtout en dehors de leur groupe ethnique.
pas si sûr, les kapos, tu connais ?
Le plus triste dans tout ça est que le prix pour une plainte est bien supérieur au montant de l’amende. Sans parler du temps perdu.
« This is not a bug, it’s a feature. »
Finalement les RS ont du bon, il faudrait les interdire
C’est en cours. Réponse en septembre.
Pourtant, la sncf a un grand patron, un ancien premier sinistre qui a ouvert la voie pour redorer notre grand et glorieux pays.
Mais que fait il alors ? Ah oui, il s’assure que 100% du trafic ne puisse pas avoir de pannes. 😉
et pour cela, il réduit le trafic à zéro…
pendant que d’autres s’occupent du trafic Azeris …
c’est bien la réponse à la question posée dans le billet « comment peut-on arrive à de pareilles dérives ? » : avec un pédégé nommé Casteix, caricature du fonctionnaire que Courteline décrit dans « Messieurs les ronds de cuir »
Castex à l’origine de la réforme hospitalière qui nous vaut la situation actuelle…
Il nous a quand même protégé du virus qui circule à hauteur de comptoir !
Oui c’est ça.
Il n’est plus payant d’être polis, conciliant ni même honnête .
Beau travail…clap, clap, clap.
Ce matin courrier de l’URSSAF …
Ils m’ont ponctionnés de 6000 balles indument…évidement impossible de s’y opposer à l’époque…
6000 balles…bonjour la trésorerie ; démerde toi de toute façon t’es tout seul.
Maintenant ils me remboursent…
N’importe quoi…l’arbitraire le plus total, personne ne s’y retrouve à commencer par eux.
Pays à la godille.
Dès que j’ai la moindre ouverture, je boucle…1 an et demi je pense.
Penses tu pouvoir revendre le commerce ? J’ai lu que beaucoup de personnes avaient le diplôme mais que le nombre de commerces était en chute, confirmes tu ?
Non.
Quasi aucune chance.
Qui veux tu pour s’emmerder comme ça, être rançonné, pas gagner plus que les employés…c’est cher payer l’indépendance.
Je vais essayer de vendre l’immobilier et basta.
Trop RLC.
Le bilan 2025 est tombé et il est lourd : 300 pharmacies ont définitivement baissé le rideau en France.
https:/ /www.tf1info.fr/sante/85-de-fermeture-seche-en-proie-a-des-difficultes-economiques-le-nombre-de-pharmacies-diminue-2411302.html
Il y a maintenant beaucoup de pharmacies en ligne, associées d’ailleurs à un commerce physique. Mais les prix non contrôlés sont nettement plus bas. Ça peut expliquer les fermetures.
Il n’y a pas que les difficultés économiques même si c’est l’antienne commode.
Il y a une perte de sens du métier criblé par des tâches administratives ineptes, des qr codes, des serveurs, des directives, des règlements abscons.
De plus la « nouvelle France » est exigeante, nous traite comme des merdes sans soutien possible des autorités.
Bref le réseau va fortement se contracter.
Je connais. Marrant d’ailleurs, c’était aussi 6000 balles.
Avec ce refrain perpétuel :
-payez. Si c’est une erreur, nous vous rembourserons… plus tard.
L’Etat et la sécu aussi ont des problèmes de trésorerie, soyez compréhensif quand même!
Je remarque surtout qu’autour de mois les pharmacies indépendantes cèdent place à des groupes.
» Une passion pour la contemplation des chaussures … »
D’après l’université du Wisconsin , le rire augmente de 20% l’espérance de vie , merci H16 !
Mais quelle consolation, cette lecture, pour le malade, le vieux, le handicapé, qui ne peuvent plus sortir de chez eux, en attendant l’euthanasie ?
J’ai appris récemment que, trouvant sans doute trop ruineux d’effectuer un remboursement en cas de retard du train, l’usager n’est plus remboursé qu’en cas d’annulation.
MCA se gondole dans son salon TGV en attendant…..
meme Danny DeVito ! plié en 4 je suis
faut pas que ces contrôleurs soient dans le dernier train pour Busan…. ça finit très mal pour eux !