Youpi, encore une mobilisation citoyenne qui porte ses fruits&nsbp;! Grâce aux associations de riverains et autres organisations non gouvernementales de lutte contre le progrès, contre la richesse et contre l’emploi dans nos régions, quatre nouveaux recours viennent d’être déposés contre le « gigantesque » data center de Mistral, ce qui porte le total à cinq.
Rendez-vous compte : cent terrains de foot, cinquante milliards d’euros, la consommation d’un réacteur nucléaire, pas de doute, nous avons là (comme le mentionne Le Canard Enchaîné) « un impact écologique atomique » qu’il convenait à tout prix d’empêcher.
En pratique, une coentreprise réunissant Mistral, Nvidia, le fonds émirati MGX et Bpifrance tente en effet – quelle folie !- de s’installer à Fouju, en Seine-et-Marne, village de 600 âmes coincé entre une autoroute et une future prison, dans le cadre du projet baptisé « Campus IA » et vise à y implanter un data-centre autorisé par la préfecture le 29 juillet et qui consommera à terme 1,4 gigawatt d’électricité (soit à peu près un réacteur).
On s’étonne pourtant : cette électricité est actuellement déjà produite, et, faute de preneurs en France, elle part en Italie, en Grande-Bretagne, ou (pire) nulle part. En 2025, la France a exporté 92,3 TWh nets (record historique), soit plus que la consommation annuelle de la Belgique, pendant que la consommation intérieure restait scotchée à 7 % sous son niveau de 2014-2019. Au premier semestre 2026, ça s’est encore aggravé avec 51 TWh exportés en six mois et 407 heures de prix négatifs, soit un dixième du temps pendant lequel les producteurs ont payé pour qu’on veuille bien les débarrasser de leurs électrons.
Fouju, à plein régime, consommerait de l’ordre de 10 TWh par an soit environ un dixième de ce que le pays brade déjà à ses voisins.
Il fallait donc absolument que les écolos du cru s’emportent contre une abominable consommation en Seine-et-Marne d’une électricité décarbonée à 95 %, en lieu et place d’une vente à prix cassés hors de France (voire de prix négatifs reportés sur la facture des consommateurs). Plutôt que favoriser l’électrification des usages, data centers compris, on préfère apparemment faire payer les finances publiques (c’est-à-dire vous).
Là où les Irlandais sont obligés d’imposer un moratoire d’installation des data-centres car ils avalent plus d’un cinquième de l’électricité nationale, la France dispose de l’électricité, du réseau, des sites et d’une farouche volonté de ne surtout pas s’en servir.
Et ce n’est pas nouveau, c’est même une tradition d’étrangler dans leur berceau de nombreux projets pourtant prometteurs.
En 2019, c’est cet imbécile de Macron lui-même qui a enterré Europacity à Gonesse : trois milliards d’euros d’argent privé et 10 000 emplois promis dans l’une des zones les plus déshéritées d’Île-de-France ont été sacrifiés au nom d’une écologie que le maire socialiste du coin jugeait purement symbolique. Le contribuable qui paye pour les aides, les béquilles et les accompagnements de la misère sera satisfait d’apprendre que ça va donc continuer sans fin.
L’année suivante, on fermait Fessenheim malgré les avis techniques défavorables, pour honorer un accord électoral débile de 2012. C’est le contribuable (vous) qui avait payé pour l’avoir, c’est lui qui paye pour le démantèlement, c’est lui qui souffrira du manque idiot provoqué par cette perte, c’est lui qui devra payer à nouveau pour reconstruire ce qui manquera inévitablement. Heureux ?
Deux ans plus tard, Amazon renonçait à Petit-Couronne après une avalanche de recours, emportant avec lui entre 1 000 et 1 800 emplois. Le géant a tout simplement construit ailleurs. Ces stupidités coûtent aux assurés sociaux et aux contribuables (vous) en emplois et rentrées fiscales perdus. Youpi.
L’autoroute A69, annulée en première instance en février 2025, a vu son chantier stoppé trois mois avant d’être rétablie en appel puis validée définitivement par le Conseil d’État : trois ans de loterie juridique pour découvrir que tout était légal depuis le début. La facture de ces âneries a été intégralement payée par le contribuable (encore vous).
Enfin, en juillet dernier, le tribunal administratif de Grenoble a, pour la première fois en France, suspendu un data center, celui de Sesterce dans la Drôme, représentant 1,5 milliard d’euros d’investissement.
À chaque fois, la même soupe-alphabet d’associations toxiques et d’organisations lucratives sans but autre que saboter l’avenir français : par exemple, les Soulèvements de la Terre étaient à Sainte-Soline, sur l’A69, à Alixan et ils sont aussi à Fouju. La mouvance ne combat pas une énergie au profit d’une autre : elle a ferraillé contre les éoliennes en mer avec la même ardeur que contre les centrales, elle attaque la production, puis la consommation, puis les infrastructures qui relient les deux. Ces combats rabiques contre tout n’ont rien à voir avec l’écologie mais tout avec la décroissance par voie d’huissier.
Du reste, ces militants-saboteurs ne sont que la moitié du problème. L’autre moitié, c’est l’État lui-même.
Car la machine à recours, c’est lui qui l’a construite, couche après couche : études d’impact, dérogations « espèces protégées », « raison impérative d’intérêt public majeur », concertations, débats publics, « zéro artificialisation nette ». Il a fabriqué un droit où absolument tout projet est attaquable (et attaqué), puis il a passé une décennie à fermer lui-même des réacteurs et à enterrer le programme Astrid pour complaire à ceux-là mêmes qui le poursuivent aujourd’hui en justice.
Et à présent, pourtant complètement coincé comme un renard dans une jante de camion, ce même État refuse de simplifier cet énorme bordel administratif autodestructeur et, plutôt que simplifier la règle pour tout le monde, s’invente une procédure d’exception, le « projet d’intérêt national majeur », arrachée après deux ans de navette parlementaire. Il obtient de RTE un raccordement en « fast track », fait signer l’autorisation préfectorale fin juillet et envoie les pelleteuses fin août, avant que le moindre juge n’ait statué.
Le bilan est magnifique et produit un droit à deux vitesses : Fouju, avec Bpifrance au capital et l’Élysée dans le dos, a son passe-droit (comme jadis Notre-Dame pour d’autres raisons) pendant que Sesterce, start-up marseillaise sans parrain, attend le Conseil d’État. Et Mistral, prudent, investit aussi en Suède.
De connivences en mauvaises politiques, l’État se retrouve à bricoler contre l’État. Les recours contre Fouju ont de bonnes chances d’échouer, comme ceux contre l’A69, après avoir coûté du temps et de l’argent pour le contribuable (vous !), et le message envoyé est limpide : en France, construire quelque chose suppose soit d’être l’ami du prince, soit d’avoir beaucoup de patience et d’excellents avocats.
Mais dans les deux cas, l’investisseur étranger comprend vite qu’il ira plus vite ailleurs, et prend rapidement le même chemin que notre électricité surnuméraire. Finalement, un pays qui paie pour ne pas utiliser sa propre électricité n’a vraiment pas besoin d’ennemis.
Ce pays est foutu.




Je suis en train de relire le cycle Fondation d’Isaac Asimov. J’ai trouvé ça au début de l’ouvrage. J’ai juste changé quelques termes (le sujet est Trantor) mais ça marche parfaitement : « À mesure que l’état devient plus spécialisé, il devient plus vulnérable, moins apte à se défendre. Or, à mesure que se développe l’administration centrale du pays, ce dernier dévient une proie plus enviable. D’autres parts, étant donné les difficultés croissantes que soulève la succession présidentielle, les querelles toujours plus violentes qui opposent les uns aux autres les grands courants politiques, le sentiment de la responsabilité envers la société va s’affaiblissant. «
Faudra vraiment que je lise Asimov.
@MadeIn Encore un russe 😬😬 !! Ils sont partout !! (ici appeau à Duru un peu grossier je l’avoue )
t’inquiète, il va sauter dessus, dans l’état où il est … 😉
Ça n’a pas loupé 😀
il faut s’accrocher et être à la retraite pour lire du Asimov…..
t’as pas lu Ayn Rand …
non, j’ai juste vu les adaptations mais ça doit être aussi roboratif je suppose
Ah bon ? ©
Un écrivain de SF, qui s’adresse principalement aux jeunes et qui a eu énormément de succès en son temps ?
😆
tu confonds pas avec Arthur Clarke ? ou alors, les jeunes ont eu la version abrégée
Je ne confonds rien du tout, regarde le tirage de ses livres (et leur nombre) et le nombre de langues dans lesquelles ses oeuvres ont été traduites.
« version abrégée » : kézako ? On est pas chez Ed…
Quand j’étais à la fac’, un collègue gagnait (bien) son pain en traduisant du Asimov pour une maison d’édition roumaine. Ça se vendait comme le pain chaud. Faut pas croire…
ok c’est moi qui lui suis allergique alors !!! comme le Frank Herbert !!! trop intello pour moi !!
Alors lire Robert Heinlein ou Robert Silverberg ( The man in the maze ! )
yes
Asimov est tout à fait accessible pour des ado habitués à lire. Ce qui représente peut-être un écart cognitif assez important avec les ados habitués à Tiktok, à vérifier par des études en double-aveugle 😏
J’ai lu du Asimov* ( pas tout ! ) qui ne m’a pas laissé de souvenir impérissable , trop long , trop lourd , mais je reconnais maintenant son côté visionnaire . J’ai plus trippé avec Van Vogt ( traduit par Bison ravi )
* Certains voient la psychohistoire d’Asimov , d’origine juive et russe , inspirée du matérialisme historique de Karl Marx
Ah oui, Van Vogt est plus fun, tout en restant stimulant pour l’intellect, son Monde des Non-A m’avait retourné la tête (j’étais qu’un gamin quand je l’avais lu).
Pour tout savoir sur Van Vogt : youtu.be/yQ-voIQgTD8?
Oui ca m’avait frappé aussi, on y retrouve bien l’esprit pionnier, optimiste, valorisant l’initiative individuelle et l’entreprise, toutes valeurs qui manquent à notre pays morose et conformiste.
A propos de ça, je conseille vivement le discours de Rubio à Athènes. Dans la même veine.
(même si toi perso tu risques de ne pas trop aimer son point de vue sur notre civilisation…)
j’avais un pote juif au lycée qui était fan d’Asimov, ça ne l’a pas empêché de voter socialo depuis toujours … je suis persuadé qu’il voterait Mélenchon contre MLP 😉
Quand on veut lire ou relire Asimov, il faut tout relire, du début à la fin. Et il y en a pour des mois !
IA (eh oui) était américain et le commencement de ses œuvres débute dans les années cinquante.
Mais relire tout cela est plus qu’un grand voyage….
J’en salive…
Oui mais il y a les deux grands cycles : Fondation et les Robots plus tous les recueil de nouvelles. Une des premières que j’ai lue était « Chrono minet » : des chats de cinquante cm de long, dix de large, trente de hauteur et qui s’étendent jusqu’au milieu de la semaine prochaine !!!
Plus loin : « Mais la chute d’un pays (d’un empire dans le texte), messieurs, est un événement de poids et qu’il n’est pas facile d’éviter. Elle est due au développement de la bureaucratie, à la disparition de l’esprit d’initiative, au durcissement du régime des castes… « .
Presque prémonitoire, non ?
« battle » d’étudiants = gaucho ko
ripostelaique.com/elwan-benoit-17-ans-petit-bobo-gaucho-mis-minable-par-louise-montangon-patriote-de-22-ans/
avec la vidéo
x.com/24hPujadas/status/2107919996605128993
remigration cruise lines
ripostelaique.com/les-lignes-de-croisiere-de-la-remigration-une-savoureuse-chanson-anglaise/
les flics commenceraient à en avoir ras le casque !!!
ripostelaique.com/police-revoltee-si-lun-des-notres-tombe-on-laissera-tout-bruler/
Ce n’est que la 342ème fois cette année qu’un représentant syndical des FdO menace de cette manière, et je tiens à rassurer tout le monde : #yorarien
le refus d’obéir à un ordre, ou d’intervenir, c’est de l’insubordination, et ça se paye très cher, alors je doute qu’il y ait beaucoup de volontaires …
« Quand on répète à plusieurs générations que notre « modèle social » est le meilleur, faut pas s’étonner que tout le monde le croie »
Ce qui permet ensuite de faire passer comme une lettre à la poste (expression ancienne témoin d’une époque disparue que les moins de quarante ans n’ont pas connue) qu’il faut « sauver » une telle merveille tous les deux/trois ans.
Cela assure une mobilisation sans faille pour passer sous les fourches caudines de dé-remboursements d’actes de plus en plus fréquents et sérieux en valeur…
d’autant qu’en même temps, on a pris soin de persuader le public, qu’ailleurs, là où il n’y a pas ce système, règnent la pauvreté, la misère, et que les gens meurent dans la rue, par manque de soins … Ajoute à ça que les séries US montrent régulièrement des SDF, ça achève de convaincre les plus sceptiques.
Wenbayama fan de Bakayoko… Si Mélenchon passe il viendra en France payer l’impôt révolutionnaire bien sûr…
Atavisme de mélanine comme Mbappé…
Pour ceux qui suivent un peu cette affaire, le 8 octobre, les brillants inutiles de la chambre d’enregistrement ont courageusement refusé d’annuler les ZFE…
il ne faudrait pas qu’ils arrêtent « d’embêter les français »…
L’écologisme est une plaie.