Enquête du Sénat : excès de pouvoir d’achat dans les supermarchés !

Un article de Henry Bonner

Des députés publient une liste de 24 propositions de règles et d’amendes contre les distributeurs, au prétexte d’un excès de pression de la concurrence sur les prix. Ainsi, les auteurs du rapport pour le Sénat, les supermarchés ont des prix trop faibles !

Ils veulent en effet des restrictions sur les négociations, au prétexte d’un manque de marge pour l’agro-industrie et les agriculteurs.

Le rapport met par exemple en avant la marge de 40 % sur les produits dans les supermarchés.

Or, la vente sur les produits permet le paiement des opérations des magasins, dont le personnel ou les coûts de l’installation des magasins, par exemple.

Ainsi, les supermarchés font en réalité autour de 1 % de bénéfice sur les ventes.

Restrictions contre les négociations : perte de pouvoir d’achat

Le rapport du Sénat lance des accusations contre les supermarchés, pour cause d’un excès de pression sur les fournisseurs.

Pourtant, la pression sur les prix des fournisseurs crée ensuite des gains de pouvoir d’achat pour les consommateurs. Par exemple, le rapport met en avant la baisse du nombre de distributeurs, à 8 groupes en 2024, contre 30 en 1988 et 120 en 1968. La raison, selon les auteurs, vient d’un excès de concurrence pour les baisses de prix.

Ils écrivent ainsi :

“Depuis les années 1990, ce sont des dizaines d’enseignes qui ont disparu. Le nombre de distributeurs, qui s’élevait à près de 120 en 1968, a chuté à 30 en 1988, avant de se stabiliser à 9 dans la décennie 2000 et d’atteindre 8 en 2024, lors du rachat de Cora par Carrefour.”

L’extrait du rapport ci-dessous montre les faillites, ou disparition via des fusions, des dernières années.

Selon le rapport, la guerre des prix porte fruit pour une poignée de gagnants dans le secteur, en particulier Leclerc, Intermarché, et Système U en hausse de part de marché depuis 2008.

Le raison du succès d’une partie des enseignes fait en effet partie des conséquences de l’amélioration du pouvoir d’achat pour les consommateurs.

En effet, selon le blog de Que Choisir, les supermarchés E Leclerc, Système U et Intermarché remportent le classement sur les prix en rayon.

Les auteurs du rapport écrivent :

“La conquête de la part de marché est en effet aujourd’hui l’élément déterminant de la stratégie des enseignes survivantes, car c’est elle qui accroît le pouvoir de marché de l’enseigne et lui permet d’exiger des fournisseurs baisses, ristournes et marges arrière, ce qui lui permettra de baisser les prix pour à nouveau gagner de nouvelles parts de marché et ainsi de suite.”

Le rapport fait aussi des accusations contre les distributeurs pour l’usage de centrales d’achat, des consortiums pour des négociations avec les fournisseurs.

Les centrales d’achat mettent à disposition plus de choix de produits, via des accords avec des enseignes à l’étranger.

La hausse de la concurrence, dans les négociations avec les fournisseurs, permet aussi l’amélioration des prix en magasins.

Selon le rapport, les centrales d’achat donnent trop de pouvoir aux distributeurs dans les négociations.

Les auteurs mettent ainsi en avant une hausse de faillites chez des fournisseurs dans l’agro-industrie, en 2024 par rapport à 2018.

Or, comme vous le savez, le nombre de faillites grimpe dans la totalité des secteurs depuis la fin du quoi qu’il en coûte.
De plus, les consommateurs perdent du pouvoir d’achat depuis les confinements et ont ainsi plus de recours vers les marques de distributeurs.

Les auteurs veulent des restrictions contre les associations entre enseignes, malgré la perte de choix de produits et de pouvoir d’achat en conséquence.

Ils affirment :

“[Le] principal problème que pose les centrales européennes d’achat est de totalement bouleverser et déséquilibrer les rapports de force au profit des distributeurs.”

Les auteurs font ainsi une série de propositions, pour encore davantage de règles et de restrictions contre les distributeurs. Par exemple, ils proposent l’obligation d’un affichage en rayon sur les marges de la distribution et veulent aussi des régulations contre les baisses de commandes chez un fournisseur !

En réalité, les supermarchés gagnent des parts de marché via l’amélioration des prix en rayon, en partie via des centrales d’achat et stratégies pour les baisses de prix de la part des fournisseurs.

Les auteurs du rapport veulent plus de restrictions, et ainsi une perte de pouvoir d’achat pour le consommateur.

Idées de placements (rapport gratuit)

Le secteur du pétrole et du gaz fait partie des recommandations de mon groupe depuis notre lancement, début 2021.

Dans mes écrits réguliers, vous recevez des commentaires et analyses sur l’actualité de l’économie, ou encore des résultats.

Je peux tout de suite vous envoyer gratuitement votre guide sur comment acheter de l’or et un autre métal. Vous recevrez gratuitement plus de commentaires et analyses 3 fois par semaine.

J'accepte les BTC, ETH et BCH !

1BuyJKZLeEG5YkpbGn4QhtNTxhUqtpEGKf

Vous aussi, foutez les banquiers centraux dehors, terrorisez l’État et les banques en utilisant les cryptomonnaies, en les promouvant et pourquoi pas, en faisant un don avec !

Commentaires8

  1. Murps

    Quels sont les CV des auteurs de ces rapports ?
    Ces interventions de l’État dans l’économie finissent toujours très mal, et souvent avec un résultat inverse de ce que l’on voulait obtenir…

    1. bob razovski

      – Anne-Catherine LOISIER, président :
      études politiques, multiples mandats politiques depuis 1994 (centriste). Certainement pas le couteau le plus affûté du tiroir lorsqu’il faut penser économie.
      Antoinette GUHL, rapporteur :
      en politique depuis 2010 (écolo). Multiples mandats pourris à base de rodomontades sociales (chargée de l’économie sociale et solidaire, à l’innovation sociale et à l’économie circulaire). Du parasitage à l’état pur.

      1. bob razovski

        Donc pour aller dans ton sens, avec de tels cv, il est logique que cette intervention finisse mal. (qui a dit « comme les autres » ?)

        1. Murps

          Oui exactement.
          Çe qui me chagrine c’est que traditionnellement les enquêtes parlementaires, au sens large, étaient de très bonne qualité, même sous la troisième République.
          Là on verse clairement dans le militantisme au ras des pâquerettes…

  2. Mandol

    Le livre de Zola « Au Bonheur des Dames » est toujours d’actualité. Alors que faire ? Considérer comme Marx qué le capitalisme est obligatoirement de connivence et tend toujours vers un monopole via quelques compagnies factices. Ou considérer que les affaires sont une affaire de mafieux qui s’entretuent, et où surgit constamment un nouveau qui tente sa chance à coups de mitraillettes. Ou bien suivre Rousseau, et Adam Smith, pretendre que l’homme est bon – la femme c’est moins sûr – et que seul compte l’elite, les autres, 90%, n’etant que des serfs sans droit au chapitre, et qu’une main invisible, de fer et bien armée, resoudra tout. Il y a aussi le Colbertisme, actuellement à la chinoise, qui parait bien fonctionner. Mais nous sommes en France democratique egaltaire et fraternelle. Alors vite taxes lois circulaires et numero vert.
    C’est une illusion de croire qu’une concurrence qui reduit le nombre des enseignes est favorable aux consommateurs. L’exemple de Lidl ou de Free le prouve.
    Dans le cas present, si l’union européenne et la France evitaient de mettre des normes de plus en plus exigeantes, souvent vertes ou pseudo-sanitaires, des taxes et coûts obligatoires sur tout, et de se facher avec les fournisseurs de matières premières ou issues de celles-ci – Russie Chine… , et de mettre notre production en concurrence avec des pays qui n’ont pas ces exigences,
    Cela serait un premier pas.

    1. bob razovski

      En résumé, que les dirigeants fassent preuve de pragmatisme plutôt que d’idéalisme ?
      Impossible.
      Le pragmatisme est mesurable en terme de résultat, et le fait qu’on puisse juger leurs résultats leur fout la trouille

Laisser une réponse

(obligatoire)
(facultatif)