La capitulation du 1er Mai

C’était couru d’avance : dans un pays croulant sous 3000 milliards de dette, imaginer des citoyens adultes et consentants travailler librement un jour férié relève de la provocation fasciste.

Et sans surprise donc, le feuilleton printanier sur l’assouplissement férié du premier mai vient de s’achever sur une note navrante : la montagne parlementaire n’a pas accouché d’une souris législative, mais d’une nouvelle capitulation en rase campagne.

Le gouvernement Lecornichon Lecornu a prudemment rangé son courage au vestiaire dès que l’ombre d’un délégué syndical s’est profilée à l’horizon : finalement, rien ne change, et le travail libre restera un délit scrupuleusement traqué par les limiers de l’URSSAF.

Pour mesurer l’ampleur du grotesque français, il faut se replonger dans les abysses de notre Code du travail.

L’article L3133-4 pose que le premier mai est un jour férié et obligatoirement chômé. C’est la seule date de l’année où l’inactivité est imposée par la force de la loi : c’est obligatoire, la Fête du Travail célèbre le chômage et les contrevenants s’exposent à une amende de 750€ par salarié fautif, montant joyeusement quintuplé pour atteindre 3750€ si l’entreprise est une personne morale, avec 6 mois de prison en cas de récidive. Que le salarié soit parfaitement volontaire (notamment pour profiter d’une rémunération doublée) n’a aucune importance pour les adorateurs de Cerfa.

La loi est la loi et le volontariat contractuel n’est qu’une dangereuse hérésie capitaliste qu’il convient de réprimer avec la plus grande sévérité.

Ceci pousse régulièrement le Cerfaland dans les contrée de l’Absurdistan.

Ainsi, en 2021, le fondateur de la boulangerie parisienne « Bo & Mie » a eu l’outrecuidance d’ouvrir ses portes avec 21 salariés (tous volontaires et rémunérés double). Rapidement, l’Inspection du Chômage Travail intervient avec la délicatesse d’une enclume et inflige 78.000€ d’amende.

Quatre ans plus tard, l’artisan est toujours convoqué au commissariat, plus harcelé qu’un OQTF pour avoir vendu des baguettes un beau matin de printemps.

Dans les Hauts-de-Seine, un autre boulanger a écopé de 7500€ pour 10 salariés. Un podcast de France Info a même capturé l’essence de cette folie bureaucratique lors d’un contrôle : les inspecteurs constatent la présence de salariés ravis d’être là, reconnaissent l’absence de toute exploitation, et verbalisent nerveusement parce que « C’eSt 1er MaI c’EsT chÔmAgE MÔssieu !!! »

Et bien sûr, le pompon, c’est le muguet.

Le premier mai est en effet traditionnellement le seul jour de l’année où la vente sur la voie publique est tolérée sans autorisation pour les particuliers. Le quidam peut donc s’installer sur le trottoir et écouler ses brins sans être inquiété.

En revanche, le fleuriste professionnel (qui paie ses taxes et ses cotisations) a l’interdiction formelle de faire travailler ses employés ce jour-là, qui représente pourtant jusqu’à 80% de son chiffre d’affaires sur cette fleur spécifique.

L’État autorise le travail au noir amateur mais condamne le commerce légal. Tranquillou.

Toujours dans la même cohérence, notons que des chaînes internationales comme Starbucks bénéficient d’exemptions et peuvent donc ouvrir : la multinationale (que le gouvernement feint de combattre) passe, l’artisan du coin (que ce même gouvernement prétend défendre) trépasse, les syndicats-dindons applaudissent.

Mieux encore : la traque aux non-chômistes n’a rien de systématique.

En 5 ans, on recense à peine une poignée de poursuites retentissantes sur des dizaines de milliers d’ouvertures tolérées à travers le pays. L’administration ne cherche pas à faire respecter la loi uniformément, elle pratique la roulette russe pénale.

C’est l’essence même de la tyrannie bureaucratique : maintenir une zone grise suffisamment vaste pour pouvoir frapper arbitrairement n’importe qui, n’importe quand. On sanctionne un boulanger sur 10.000 pour s’assurer que les 9999 autres vivent dans la crainte permanente du contrôleur.

Face à ce naufrage moral et économique, une proposition de loi présentée ces dernières semaines tentait de remettre un peu d’ordre, en élargissant les possibilités de travailler librement… Ce qui a déclenché l’hystérie pavlovienne de la gauche et de la CGT, hurlant à la mort sociale, au recul des zacquis-tagada et à la destruction des grandes conquêtes ouvrières, tsoin-tsoin.

Pour cette troupaille collectiviste, le premier mai n’est pas une date anniversaire mais un totem religieux inaltérable, un saint laïc qu’il convient de vénérer par la paralysie obligatoire du pays, sous peine d’excommunication judiciaire. Que les boulangers parisiens de 2026 n’aient strictement rien à voir avec les ouvriers des chaînes de montage des années trente leur échappe totalement. L’idéologie ne s’embarrasse jamais du réel.

Devant les cris d’orfraie de 8 syndicats qui, rappelons-le opportunément, ne représentent plus qu’une fraction groupusculaire (crépusculaire ?) des salariés du secteur privé, le pouvoir politique a réagi avec sa lâcheté habituelle.

Le 13 avril, à l’issue d’une réunion d’urgence avec les pontifes syndicaux, Matignon a officiellement capitulé.

Plus pathétique encore, quelques jours auparavant, les députés de la majorité avaient carrément voté une motion de rejet contre leur propre texte pour s’épargner un débat public encombrant. L’État s’affirme donc implacable avec le boulanger de quartier, qu’il écrase sous les amendes, et d’une faiblesse insigne avec les bureaucraties syndicales, devant lesquelles il se prosterne sans la moindre dignité.

Dans une France qui court allègrement vers le précipice budgétaire, où le déficit est devenu un art de vivre et la dépense publique une religion d’État, les pouvoirs publics préfèrent gaspiller l’argent du contribuable pour payer des inspecteurs, des procureurs et des juges dont l’unique mission est d’empêcher des adultes consentants de produire de la richesse.

C’est le triomphe absolu de l’hérésie collectiviste : l’État mord rageusement la main de ceux qui le nourrissent, et s’aplatit veulement devant ceux qui organisent la pénurie et les inquisiteurs de la solidarité nationale.

Forcément, cela va bien se terminer.

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Commentaires81

    1. Grosminet

      Fête qui tire ses origines… aux US 😀 j’suis tellement déçu que ce ne soit pas les soviétiques qui l’aient inventé… hein durru 😀

      1. musaraigne

        ben si, ils sont salariés, salariés de l’État ! Donc pas de problème, car seuls les patrons privés, ces monstres assoiffés du sang de leurs employés, sont visés !

        1. Murps

          L’Ed’ Nat’ n’est pilotée que par elle même, elle est aware.
          Elle n’a pas besoin du réel, elle est totalement neutre politiquement, ses enseignants ont même un devoir de réserve pour appliquer les programmes écolos woke inclusifs.

          Pas sûr que ce soit une bonne définition d’un ministère régalien…

          1. nemrod

            Enfin bon…ce qu’ils préfèrent c’est ne rien foutre quand même.
            Faire bosser les autres pendant leurs jours de vacances et les jours fériés ne leurs posent pas de problème de conscience individuelle.
            Par contre au niveau collectif, ils sont résolument contre !

            1. P&C

              Mouais. Pendant les petites vacances, je passais des jours à corriger des copies. Le mercredi après midi où j’ai pas cours? Ben je preparais mes cours et les tp de jeudi.
              Juillet août, tu n’es pas payé. Et en juin, tu te tapes la surveillance du bac.

              1. nemrod

                Ah…la légende des vacances pas payés…
                T’étais une exception de te tuer au boulot comme ça…pas étonnant que ta carrière fut courte !

  1. Higgins

    Totalement HS mais je l’ai reçu ce matin. C’est une tentative pertinente de décrypter la stratégie suivie par Orban en Hongrie. Si c’est avéré, chapeau bas :

    UN JEU D’ÉCHECS HONGROIS QUI FAIT PLEURER BRUXELLES
    Viktor Orbán place son « traître » de confiance et l’UE tombe dans le piège parfait : le chahak-mate qui a laissé Bruxelles, Soros et Obama humiliés.
    Dans un jeu d’échecs politique si brillant qu’il frôle le comique, Viktor Orbán a longtemps senti que l’Union européenne, George Soros, Obama et tout le club mondialiste étaient à ses trousses. Comme il n’y avait plus en Hongrie d’opposition de gauche qui valait la peine (aucune n’a dépassé le ridicule 5% électoral), le Premier ministre hongrois a décidé de résoudre le problème à sa manière : il a pris son meilleur allié et homme de confiance, Péter Magyar, et l’a envoyé au front comme un « opposant » de luxe.
    Le plan était aussi simple que génial : Magyar, qui jusqu’en 2024 était un élément clé du gouvernement orbániste, a quitté le navire de manière spectaculaire, est devenu dissident, a reçu avec plaisir les fonds des mêmes euro-eurocrates qui haïssent Orbán et s’est présenté comme le grand espoir du « changement ». La gauche européenne et ses mécènes sont tombés dans le piège comme des mouches dans le miel. « Enfin ! » ont-ils crié à Bruxelles en ouvrant le chéquier. Personne n’a rien compris, bien sûr, parce que presque personne ne parle hongrois et les titres des médias occidentaux étaient trop beaux pour être remis en question.
    En fin de compte, Magyar a gagné. À peine le « traître » a-t-il pris le pouvoir que son vrai visage a été révélé. Il a déclaré que la frontière « n’est pas assez forte », a rejeté 90 % des demandes d’Ursula von der Leyen, a donné la priorité aux droits des Hongrois ethniques et a suivi en pratique la même ligne souverainiste qui agace l’UE.
    L’Union européenne, Soros, Obama et les autres ont marché sur le bâton, ont lâché l’argent, et sont maintenant stupéfaits de voir que le « changement » qu’ils ont tant célébré est exactement le même qu’Orbán de toujours, mais sous un autre nom. Jeu magistral. Les échecs 5D à leur meilleur niveau. Et le meilleur : tout est légal, tout est propre et tout est sous votre nez.

    1. Theo31

      L’armée européenne servira non a faire la guerre a la Russie mais a exterminer les peuples de l’union en mode Budapest 1956 ou Prague 1968.

    2. MadeInCH

      Je crois que c’est bien possible.
      Mais comme disait un célèbre savant dans une oeuvre célèbre: « Demain nous le dira. Oui, demain nous le dira » en remontant sa montre.

      1. Blondin

        C’est bien possible effectivement.
        Deux choses sautent aux yeux depuis le début :
        1 – Orban adcepte le verdict des urnes, ce qui est curieux pour quelqu’un censé être un dictateur
        2 – Toute la gauche occidentale applaudit l’élection d’un conservateur que dis-je de quelqu’un qui serait classé extrême droite dans nos contrées.
        Amusant.

        1. Gaston

          Et oui, même que De Gaulle et Pinochet avaient été de dangereux précédents, quittant le pouvoir volontairement après la perte de scrutins.
          Encore une preuve que Orbán est méchant !!!!

    3. du

       » quitté le navire de manière spectaculaire  » , Macron , filmé en direct les cheveux dans le vent , filant en vedette rapide de Bercy pour (jeter à la figure ) présenter sa démission à Flamby !
      Enfin , l’important : Magyar a levé le veto hongrois sur le prêt de 90 M(agyar) € à Lulu turlututu

    4. Gerldam

      Je ne suis pas certain que les choses se soient passées ainsi. Mais, « si non e vero e ben trovato ».
      Magyar est un conservateur nationaliste. Il l’a toujours été, longtemps membre du Fidesz.
      Son divorce, houleux semble-t-il, d’avec Judith Varga, ministre de la justice d’Orbán et tête de turc de Bruxelles pour certaines décisions pas très catholiques, comme l’abandon de l’indépendance de la Cour Suprême ne sont sans doute pas étrangères à sa dissidence.
      La campagne fut rude et si c’était de la comedia del arte, les acteurs furent formidables.

  2. MadeInCH

    Note:
    A Berne, le 1er Mai n’est pas chômé. Dans d’autres cantons, ils sont « fériés ».
    Au fait… C’est quoi la différence entre chômé et férié?

    1. Steph

      Chômé : hormis les services nécessaires, personne ne travaille

      Férié : jour qui n’a pas vocation à être travaillé sauf à des conditions particulières

      1. Franck

        Chômé, tu es au chômage payé à ne rien faire.
        Férié, tu ne fais rien.
        Sorti de cette ânerie, je n’ai rien à dire comme d’hab 🙂

          1. Grosminet

            @ CPB33 17 avril 2026, 14 h 35 min
            « n’empêche qu’il faudrait un jour fixe de semaine »
            Tu veux dire que ça tombe forcément un lundi ? Le concept est déjà pris, faudrait payer des droits 😀

      1. Gaston

        Non, c’est car la loi distingue la culture et la vente. Un fleuriste ne peut pas vendre les fleur cueillies dans son jardin, sauf à se déclarer aussi comme pépiniériste, ce qui entraîne un cortège de certificats et contrôles sanitaires.

          1. P&C

            Y a un truc que je ne pige pas. Pourquoi se facturer à soi même des fleurs que l’on produit pour ensuite les vendre ?

            Sauf à se les vendre suffisamment cher pour déclarer que la boîte de fleuriste n’a pas fait de bénefs , tout en profitant d’une fiscalité plus avantageuse avec la pépinière ?

            1. Grosminet

              @ P&C 17 avril 2026, 12 h 59 min
              « Y a un truc que je ne pige pas »
              Si ça te dérange pas j’aimerais plutôt un exemple d’un truc que t’as pigé 😀

  3. Higgins

    Un autre HS mais qui montre à quel point le Mignon est gentil et qu’on a raison de l’aimer au village : profession-gendarme.com/le-cauchemar-absolu-pensant-avoir-coupe-sa-video-emmanuel-macron-a-commis-lirreparable-son-micro-est-reste-ouvert-pendant-17-minutes-fatidiques/

    1. P&C

      Fatidique, carrément ! Ça va en faire des chocapics !

      Ah, on me signale que rien n’a changé. Tout le monde s’en bat les noix.

    2. MadeInCH

      Y’a pas un enregistrement sur un site italien? Parce que si seulement « Profession-Gendartme » en parle, un seul site, labellé mal-pensant-parlant, c’est pas une référence…

      1. Franck

        Surtout que le lien original, renvoie sur un site qui « lâche des déflagrations médiatiques » à chaque ligne. ça sent bon la désinformation…

    3. Franck

      Pour un peu, c’était une vidéo coupée « en direct » où Macron nous expliquait comment avec 250€ et une plateforme de trading IA il était devenu riche 😉

  4. Blondin

    « Le quidam peut donc s’installer sur le trottoir et écouler ses brins sans être inquiété »
    C’est relativement nouveau.
    Quand le PC était puissant, ses militants traquaient avec férocité le vendeur de muguet non encarté CGT/PC. Et curieusement ces voies de fait ne donnaient pas lieu à des poursuites.
    C’est là où constate que la puissance du PCF n’est plus ce qu’elle était…

    1. CPB33

      arpenter les trottoirs avec ses brins (bon perso je préfère les brunes with big tits) il me semblait que c’était du proxénétisme

  5. CPB33

    retour sur la « loi Yadan »
    minurne.net/2026/04/la-proposition-de-loi-yadan-est-retiree-de-lordre-du-jour-et-cest-une-tres-bonne-nouvelle-eric-zemmour/

      1. Franck

        Oui, c’est important d’en débattre dans le calme et la sérénité, loin de l’embrasement médiatique lié au conflit actuel, tout ça tout ça… et de la voter probablement !!!!

  6. Blondin

    Maurice Druon a écrit en 2000 un livre intitulé « La France aux ordres d’un cadavre ».
    Le cadavre étant le communisme.
    Ce livre n’a jamais été autant d’actualité.

  7. Thomas

    Je suis sûr qu’en 2026, le boulanger qui se prend l’amende de 10k, fait un cagnotte, se retrouve avec 100k… A bon entendeur 😉 😉

  8. CPB33

    et voilà pour remplir les villages qui se désertifient !!
    bvoltaire.fr/alpes-maritimes-un-centre-pour-mineurs-isoles-poursauver-un-petit-village-francais/

    1. Gerldam

      Effectivement, bonne émission!
      Entre les guerres en Ukraine et en Iran, le manque énorme de gaz (-40%) que même la Russie ne pourrait pas compenser entièrement, je pense que les guerres picrocholines sur le 1er Mai sont d’une importance, disons, secondaire.

  9. CPB33

    même sans la SS même punition aux USA pour les cochons de payants
    dreuz.com/2026/04/en-californie-les-contribuables-financent-les-operations-de-changement-de-sexe-des-immigrants-illegaux-327150.html

    1. P&C

      Ben quoi ? C’est pour le Bien.

      Toi tu es dans le camp de Mal. Donc tu dois faire pénitence en donnant ta thune pour que le Boen triomphe. As tu battu ta coulpe ce matin ?
      Même si dans les faits ça sera à solvabiliser artificiellement une clientèle pour enrichir des médecins véreux.

      Si tu continues de mal penser, tu vas te faire annuler.

    2. MadeInCH

      Au moins, ces derniers n’auront pas de descendance qui viendront se plaindre plus tard.
      Les muzz castraient systématiquement, ou presque, leurs prises de guerres. C’était pas pour rien.

      1. Grosminet

        @ MadeInCH 17 avril 2026, 14 h 47 min
        « Au moins, ces derniers n’auront pas de descendance »
        Stratégie complexe à la Trump 😀

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