Le mois d’août se clot, celui de septembre va s’ouvrir et avec lui… youpi ! la révision des taux du prélèvement à la source sur vos fiches de paie.
Et à la fin du mois, des millions de Français salariés vont donc recevoir une fiche de paie ou un avis de pension dont le montant net aura subtilement changé. C’est discret mais automatique, aucun ministre ne l’aura annoncé, aucun texte n’aura été voté cet été, aucune conférence de presse n’aura été convoquée et vous verrez simplement un nouveau montant pour lequel l’explication devra être cherchée sur une ligne du bulletin que personne ne lit.
Rassurez-vous, c’est normal, c’est même légal, c’est carré, c’est documenté et à peu près inconnu de ceux qu’il concerne : chaque année, au premier septembre, la DGFiP « rafraîchit » le taux de prélèvement à la source à partir de la déclaration remplie au printemps, donc sur la base des revenus de l’année précédente.
Après un petit nettoyage, un gommage rapide à base d’huiles essentielles de ponxionnella et, bien sûr, quelques extensions colorées, le nouveau taux, tout rafraîchi, s’appliquera en frétillant de septembre 2026 à août 2027 et sera transmis aux collecteurs (employeurs, caisses de retraite, France Chômage Travail) qui disposent d’un délai pouvant aller jusqu’à soixante jours pour l’injecter dans leurs logiciels de paie, ce qui veut dire que le contribuable ne sait ni exactement quand la modification arrivera, ni exactement pourquoi, ni exactement de combien.
Sans surprise, la presse a couvert l’affaire avec l’enthousiasme d’un Droopy sous tranxene : à l’instar de la phényléphrine sur des organes trop turgescents, ce nouveau taux « peut provoquer une diminution des salaires des actifs ou des pensions de retraite ». Ah mais rassurez-vous, cela « joue dans les deux sens » (i.e. l’intervention pourrait être un viagra salvateur sur votre salaire). En pratique, cette phrase revient chaque année depuis 2019, à la virgule près, dans tous les articles de rentrée et a l’immense bénéfice d’être invérifiable.
En revanche, la hausse silencieuse de la ponction dont personne ne parle est, elle, déjà écrite dans la loi.
Au départ, tout se présentait pourtant bien. Pour 2026, le gouvernement avait initialement prévu une « année blanche » fiscale, soit le gel des tranches du barème : à revenus constants, davantage d’impôt, et environ 200.000 foyers supplémentaires à imposer sans qu’ils aient gagné un euro de plus. Procédé d’autant plus pratique qu’il n’a besoin d’aucun vote au parlement.
Cependant, le Parlement, sentant les tensions budgétaires, a quelque peu aménagé les choses. La loi de finances pour 2026 a indexé les limites des tranches à 0,9 %. En théorie, le salarié dont la rémunération a progressé davantage que 0,9 % en 2025 doit donc voir son taux monter mécaniquement, tout ceci sans que le mot « hausse » n’apparaisse nulle part.
Tout ceci serait un banal désagrément d’arithmétique administrative si l’institution qui procède au calcul inspirait la moindre confiance. Mais voilà : nous parlons de la DGFiP, à la fin du mois d’août 2026.
Cette même DGFiP a en effet subi de légers « accès illégitimes », euphémisme qui suggère un visiteur mal élevé plutôt qu’un pillage, et qui ont concerné 678.000 particuliers et professionnels. Il y a eu trois intrusions distinctes, entre fin juin et la mi-août, dont l’administration n’a pris connaissance qu’au moment où le voleur a mis sa marchandise en vente sur un forum.
Au fait, parmi les données parties dans la nature figurent la situation de famille, le nombre de parts, le revenu fiscal de référence et, ironie de l’affaire, le taux de prélèvement à la source : l’administration qui s’apprête à modifier discrètement votre taux de prélèvement est la même qui vient de le perdre. Elle aurait gagné du temps à commanditer le hacker, qu’il profite de son passage pour faire l’ajustement.
Ces péripéties posées, imaginons un État qui affiche 3.560 milliards d’euros de dette, (118 % du PIB), un déficit qui dérape à 5,2 % au lieu des 5 % promis, une croissance qui se rapproche de plus en plus d’une récession, un taux d’emprunt à dix ans qui explose les 4%, et une Agence France Trésor qui doit placer près de 500 milliards de titres dans l’année. Imaginons que ce même État dispose d’un dispositif qui recalcule chaque année, par un algorithme que personne (à part les hackers) n’audite, le taux appliqué à quarante millions de bulletins de paie et de pensions. Imaginons enfin qu’aucune statistique agrégée ne soit publiée sur la distribution de ces révisions (combien montent, combien baissent, dans quelles proportions et pour quelles déciles)…
Que verrait-on si, cette année, l’ajustement était un peu plus généreux qu’il ne devrait ?
Rien.
Un contribuable qui passe de 6,57 % à 6,73 % ne remarquera pas la différence (quelques euros par mois) et n’aurait de toute façon aucun moyen de recalculer son propre taux, la formule étant impénétrable (sauf pour les hackers). Multiplié par des dizaines de millions de foyers et vous obtenez une trésorerie rondelette. Et si l’on voulait vraiment blinder l’affaire, il suffirait de faire monter les taux pour la grande majorité et de les faire baisser un peu pour une petite minorité qui – c’est commode – témoignera ensuite bruyamment que « ça marche dans les deux sens », et hop, l’affaire serait entendue.
On m’objectera, à juste titre, que le prélèvement à la source n’est qu’une avance et que tout trop-perçu est remboursé l’été suivant.
Justement, c’est ce qui rend l’opération intéressante : un prélèvement excédentaire, c’est un prêt gratuit, consenti d’office par le contribuable, remboursé un an plus tard sans le moindre intérêt. Pour un État qui emprunte à plus de 4 %, quelques milliards de flottant gracieusement avancés par les Français ne sont pas une bagatelle. Ce n’est pas du vol, tout au plus un ajustement de trésorerie.
Et pendant que le fisc rafraîchit les taux, il déclenche le même jour, sur les mêmes entreprises qui distribuent ces fiches de paie, la facturation électronique « obligatoire », qui concerne plus de dix millions d’acteurs économiques et dont le démarrage se fera, promet Bercy, « dans une approche de bienveillance et de tolérance ».
Jadis, pour la tolérance, il y avait des maisons spécialisées. Maintenant, c’est Bercy et vous n’y êtes pas le client.





Que voulez-vous point d’exclamation de vivrensemble n’a pas de prix !
pourrais-tu au moins faire semblant d’avoir lu le billet, et faire l’effort de pondre un commentaire judicieux ? là, aujourd’hui c’est du remplissage ! 😉
« Le mois d’août se clos »
Horreur, votre Honneur!
Pour vous aussi, comme Philou, le tomber de lit est douloureux !
Dès la première phrase, en plus !!!
Une pensée infuse pour Choderlos de Laclos ?
S’il ne se « clos » pas, il faudra bien pourtant qu’il se close ! Or il se clôt bien aujourd’hui puisqu’il se clora à minuit ce soir !
là ça va un peu mieux, tu as au moins lu une phrase ou deux … euh, en passant, je ne sais pas si Sa Patronale Sainteté va prendre ta comparaison pour un compliment, rapport aux sous entendus désobligeants qui l’accompagnent quand ça m’est adressé 😉
« ce nouveau taux « peut provoquer une diminution des salaires des actifs ou des pensions de retraite » »
Imagine t on chez les fonx que personne n’a jamais rien compris des effets engendrés au point de devoir les expliquer lourdement ?
Ici, en Hongie, le calcul est légèrement plus simple: vous faites le total de vos revenus, multipliez par 0,15 et vous avez le montant que vous devez au fisc.
Osez faire cela en France!
0,15, c’est beaucoup. Ne serait-ce pas plutôt : 0,015 ? 1600*12*0.15=2880€ par an d’impôt. La mort du smicard français.
Non, flat tax 15%, 0.15
Pas de taxes comme ici (csg,crds….) et coût de la vie plus de 2 fois moins cher.
Il paie bien 26.8% en cotisations.
1988€ => 1456€
Oui Gerdalm devrait nous dire si il y a des cotisations ou si ces 15 % englobent tout.
(comment se passe la retraite en Hongrie aussi ?)
Pour le cout de la vie 2 x moins cher c’est plutôt 35 % moins cher avec des revenus inférieurs aux revenus français. Il faudrait voir en PPA.
Sinon en France, il y a pas une histoire comme quoi on peut modifier directement soi-même son taux de P.A.S. ?
En Hongrie, le système est simple :
– 15 % d’impôt sur le revenu,
– 18,5 % de cotisations sociales salariales,
– 13 % de contribution sociale patronale.
Il n’y a pas de barème progressif pour le salaire ordinaire.
c’est un peu kif kif que la France au final non ?
heureusement qu’ils ont pas de TF
je parle pour un quidam qui n’a que son salaire bien sûr
c’est clair que si tu as des revenus mobiliers et immobiliers, c’est la belle affaire
Pour modifier son taux de prélèvement, HC.
https:/ /www.economie.gouv.fr/particuliers/impots-et-fiscalite/gerer-mon-impot-sur-le-revenu/comment-gerer-votre-taux-de-prelevement-la-source#
Ce pays doit être dans une situation de faillite ? Vous êtes sûr que non ? Alors , il doit manquer d’infirmières, de professeurs, etc…
Eh oui, Ari, le contribuable a une masse très conséquente de parasites ponx à alimenter, et, à ma connaissance, il n’y a pas eu d’annonce qui laissait supposer qu’elle aurait diminué … Ce serait même plutôt le contraire …
Ah, Ari, je n’avais pas vu le décalage, et que le commentaire était pour Gerldam. Du coup, je pensais que c’était un commentaire pour le billet au-dessus … et donc je parlais de la fRance …
Il faut avouer qu’en regard d’une taxation sur les revenus raisonable, la TVA est à 27%. Oui 27%, ce qui démonte l’idée que le max de TVA dans l’UE serait de 25%.
Cela explique aussi la part importante de l’économie grise dans le pays. Je paie la plupart des services en liquide, à commencer par mon mécano local qui doit me coûter 4 à 5 fois moins cher qu’en France, au moins. Itou pour mon plombier.
Philou, il faudra désormais préciser : plombiers et garagistes *français* 😉
de ma part, c’était sous entendu : n’en connaissant pas d’autres … 😉
Mais que font les fonctionnaires, alors, s’ils ne doivent pas reprendre toutes les données, calculer le montant de centaines de taux différents par catégorie de revenus ?
Et les politiciens, à quoi servent-ils s’ils ne peuvent pas modifier ces taux et rajouter des lignes chaque année ?
Au secours, en Hongrie, il n’y a personne pour piloter l’économie ?
Pas étonnant que leur économie stagne.
J’ai ouï dire que le calcul le plus simple était au Chili: le fisc le fait pour vous. Il n’y a plus qu’à relire.
Ou en Macédoine: c’est 10%, fin.
Au Luxembourg, où j’étais salarié, il ya avait 4 lignes
– Salaire brut (total de ce que l’employeur débourse)
– Impôt (pourcentage du brut, qui était progressif)
– Sécurité sociale (un autre pourcentage du brut, également progressif, et qui couvrait l’assurance maladie, l’assurance chômage et la retraite obligatoire
– Salaire net, qui était versé sur le compte en banque
Parfois, une retraite complémentaire pouvait être déduite par l’employeur si un telle convention existait.
C’est tout.
4 lignes !
Il leur faut un président comme Hollande pour un choc de simplification !
Mais, ils avaient dit qu’il n’y aurait « pas d’augmentation des impôts », et même qu’on aurait des Knacki à déjeuner ???
Ah, on me dit que ce sont juste des rafraîchissements, des ajustements d’algorithmes pour garder les systèmes à jour. Ouf !
On se lève tous pour Danette !
Comme exemple de prélèvement excédentaire devenu institutionnel, c’est l’application des 30% max sur vos gains financiers, de bourse la plupart du temps. Vous vendez des actions avec un bénéfice. Hop ! 30% dudit retiré immédiatement de votre compte associé et versé au TP. Donc il vous reste 70% pour continuer à opérer sur les marchés. Certes, une case à cocher sur chaque déclaration annuelle ultérieure pour l’exercice fiscal achevé vous permet d’obtenir que ce gain ne soit taxéin fine qu’à votre taux réel d’imposition. N’étant pas taxable à 30% (je le regrette !), j’ai donc un crédit d’impôt sur ce plan-là qui abonde la somme à payer pour ledit impôt. Sauf que l’essentiel restant de ma plus-value ne m’est disponible qu’à l’été de l’exercice suivant celui de sa réalisation…
Les deux paragraphes avant l’intertitre « rien » et ceux qui suivent sont du dernier complotisme achevé !
Oser douter de la probité fiscale !
Redevable au minimum des galères si elles existaient encore !
Une année, la première tranche fut supprimée et le seuil de toutes les autres abaissé. Résultar : deux millions de contribteurd en plus.
Il est plus discret de piquer un euro a un million de pauvres qu’un million à un très riche.
Tout est d’une opacité profonde.
La seule chose possible est de faire confiance à son comptable…si on en a un.
Et j’ai bien des doutes qu’ils puissent percer tous ces ténèbres.
Même chose pour tous les pillages étatiques.
Si par malheur vous êtes ponctionner en trop…parfois déraisonnablement vous n’avez quasi aucun moyen de rectification hormis attendre le bon vouloir du Moloch.
Autour de moi je ne vois plus aucune confiance, avec raison.
J’ai fait ça avec l’IA…et heureusement, quel foutoir !
Rentrer une plus value et une perte en bourse est un enfer. On rentre plusieurs fois les mêmes chiffres parce que les 10 pages d’annexes ne calculent rien.
A quand une flat tax à 10% avec deux champs seulement ?
Mon cabinet comptable ne m’a l’air d’ailleurs pas au mieux.
Un expert est en burn out et celui qui est venu me présenter le bilan me semble mûr pour la pendaison…
D’autant plus que l’impôt est toujours calculé sur l’année précédente… Alors qu’il était question de le faire quasiment au mois… Si déjà ça pouvait être fait au trimestre, ça serait pas mal… Mais non, on préfère embaucher des animateurs pédo de prériscolaire…
Après l’URSSAF, le fisc ! Décidément, Patron, vous n’avez pas peur de ce qui se passera dans ce pays, lorsque vous aurez réussi à désespérer nos salariés au-delà de ce qu’ils seront capables de supporter ? Croyez-vous vraiment qu’ils partiront tout tranquillement demander l’asile en Hongrie ?
Je pense que les plus désespérés ne sont pas les salariés .
oui : lecourrierdesstrateges.fr/gironde-ils-ont-prete-leurs-tracteurs-contre-lincendie-la-prefecture-leur-interdit-maintenant-de-sauver-leurs-propres-recoltes/
Les » salaires trop turgescents » , choc des mots , y’a photo ?
Il faut bien payer nos 577 députés (+ sénateurs) :
Salaire brut : 7209 €/mois
Frais de mandat : 5372 €/mois
Collaborateurs : 9618 €/mois
Frais postaux (timbres, recommandés) : 12 000 €/an
Abonnements téléphonie et numérique : 4200 €/an
Taxi : 2800 €/an
Equipement informatique : 15 000 €/mandat
Train (1ère classe) : Gratuit
Avion : 12 voyages/an
Cocaïne : ?
Foutu pays. Heureusement j’arrive à payer mon mécano en ganjã. FTS (fuck the system/society).