ACC : sur le chemin de Northvolt, malgré les aides

Un article de Henry Bonner

Comme je l’évoquais en février au sujet des résultats de 2025 chez Stellantis, le constructeur des Peugeot, Citröen, et Fiat, les déceptions du secteur des batteries créent des milliards d’euros de pertes, pour les investisseurs et constructeurs de voitures.

Pour le moment, la conversion vers les voitures électriques, sous l’effet de quotas, crée des pertes pour l’industrie de la voiture sur le continent. Elle entraîne des licenciements et la fermeture d’usines. Cette semaine, les médias annoncent par exemple un projet de reprise par le groupe chinois BYD d’usines de Stellantis en Europe.

En effet, des constructeurs et fournisseurs de batteries chinois font des gains dans la débâcle. En particulier, le pays fournit la quasi-totalité des batteries pour le secteur. Le graphique ci-dessous montre l’envolée des exportations de batteries depuis la Chine depuis le début des quotas en Europe.

À l’inverse, malgré des aides et protections, les fabricants de batteries en Europe rencontrent des échecs, et font des pertes de milliards d’euros.

La faillite du fabricant de batteries Northvolt, en 2025, génère des pertes pour les investisseurs de 15 milliards $.

Chez Stellantis, les pertes sur des investissements dans les fournisseurs pour les voitures électriques, en particulier les usines du groupe Automotive Cells Company (ACC), atteignent 2,1 milliards d’euros sur le bilan de 2025.

Des informations dans les médias depuis le début de l’année montrent la débâcle en cours dans la principale usine d’ACC à Douvrin, près de Lille.

Les difficultés de l’usine montrent les obstacles dans la stratégie de Stellantis d’environ 100.000 voitures électriques au minimum par année, en 2030.

En effet, après 3 années d’opération, l’usine d’ACC atteint une production d’environ 1.000 batteries par mois, pour Stellantis ou d’autres clients.

Or, au moment du lancement de l’usine, les communiqués évoquent une production de l’ordre de 2,5 millions de batteries par année, en partie avec l’ouverture de méga-usines par la suite !

Les investisseurs dans ACC, les groupes Stellantis, Mercedes, et TotalEnergies, cherchent des solutions contre les déceptions dans la production, après des levées de fonds via la dette de 4,4 milliards d’euros.

Après l’abandon des projets d’usines en Allemagne et en Italie, les partenaires annoncent des changements dans la direction.

Un vétéran des méga-usines de batteries de Tesla prend ainsi les rênes.

Automobile Propre l’explique ainsi :

“Allan Swan succède à Yann Vincent, qui part à la retraite. Ce nouveau directeur général n’a pas été choisi au hasard. Ancien dirigeant de Panasonic Energy USA, il a participé à la montée en puissance de deux sites de production de batteries destinés à Tesla. Cette expérience du passage à l’échelle constitue précisément ce dont ACC a aujourd’hui besoin. La question n’est plus seulement de prouver que l’Europe sait fabriquer des cellules de batteries, mais de démontrer qu’elle peut le faire avec régularité et qualité.”

Selon les médias, les échecs d’ACC donnent aussi plus de commandes pour des batteries de groupes chinois.

Le site continue :

“Pour Stellantis, l’enjeu dépasse la simple question de la fabrication des cellules. Le groupe est à la fois client principal et actionnaire majeur d’ACC. Face à ces incertitudes, certains projets d’usines ont été suspendus et la stratégie batterie du constructeur évolue. Le groupe explore désormais d’autres partenariats autour de cellules LFP produites en Espagne avec le Chinois CATL afin de sécuriser ses approvisionnements…”

Le gouvernement français et les pays-membres de l’UE fournissent des subventions pour les usines à batteries, et donnent aussi des incitations vers l’usage de batteries de groupes européens, comme ACC.

Le gouvernement français continue les mesures de subvention et de protections pour le secteur, dont les aides pour l’usine de Verkor près de Dunkerque, par exemple.

Le changement de règles pour les subventions à la location, le leasing social, donnent aussi une préférence pour l’assemblage de voitures en Europe, et l’utilisation de batteries en provenance du continent.

Comme le montrent les échecs de ACC et Northvolt, les groupes chinois conservent l’avantage en raison de la fiabilité des produits et la maîtrise des coûts de production. Malgré des aides via des subventions, ou une préférence via le leasing social, ACC prend le chemin de Northvolt.

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Commentaires18

  1. Gerldam

    Voilà une belle démonstration que l’europe est dans un déclin inarrêtable.
    Merci les hommes gris de Bruxelles et tous les fonx nationaux.
    Nous n’allons pas vers une vassalisation US mais une vassalisation chinoise. Ces derniers construient une usine de batteries en Hongrie. Je parie qu’elle va fonctionner parfaitement dès sa première année.

    1. Aristarkke

      Annuellement, la Chine met sur son marché autant d’ingénieurs que toute l’UE prise dans son intégralité…
      Il faut bien les occuper…
      Cela dit, la démographie cassera cette belle machine orientale de la même façon que l’occidentale.
      Tous ne mouraient pas mais tous vieillissaient en ne renouvelant pas suffisamment leurs générations…

      1. Mandol

        les robots remplacent déjà la main d’oeuvre manquante et évitent d’importer des immigrés. Contrairement à l’occident, la Chine et le Japon peuvent réussir la transition vers une population moindre ou stable sans eugénisme – euthanasie ou injections, ni remplacement.

            1. Dr Slump

              On ne parle pas du futur, mais de maintenant. La Chine a tellement de population qu’elle les exporte partout dans le monde, jusqu’au fin fond de l’Afrique.
              Donc je répète ma question : sur quoi se fonde cette idée que la Chine manquerait de main d’oeucre, et qu’elle compenserait avec des robots ? Merci d’avancer des données sérieuses avant de se lancer dans des coupages de cheveux en quatre.

              1. Val

                @Dr un exemple parmi tant d autres revueconflits.com/demographie-chine-afrique-egypte-population/#:~:text=Le%20cas%20le%20plus%20important,des%20%C3%A2ges%20de%20la%20Chine.

        1. Val

          @Mandol C’est certain. De plus, quand bien même ils auraient recours à un immigration forte, ils ne mettraient pas en place les process en vogue en UE . Ce ne serait pas une immigration de peuplement comme chez nous mais une immigration de travail. En UE nous vivons une situation ubuesque unique au monde et peut être même dans l histoire mondiale. On organise et finance notre submersion , c est assez comique. C’est le Titanic qui paye des passagers pour monter, avec comme espérance qu ils écopent.

        2. Grosminet

          @ Mandol 16 mai 2026, 12 h 01 min
          « les robots remplacent déjà la main d’oeuvre manquante et évitent d’importer des immigrés »
          Les noiches auraient des robots dans leurs usines ? Sérieux ? C’est peut-être pour ça qu’ils fabriquent de la merde, nous les européens on fait tout à la main 😀

    1. Grosminet

      @ Aristarkke 16 mai 2026, 11 h 22 min
      Plus exactement sur le site de la Française de Mécanique, autrefois JV Peugeot/Renault, dont Renault est sorti définitivement après la fin de fabrication du moteur D. Pour l’anecdote, pour mon métier ACC à Douvrin c’est une mine d’or, ça fournit une montagne de boulot trèèèès bien payé.

  2. Aristarkke

    Une des causes de ces faillites réside aussi dans le gigantisme initial de ces usines, bâties sur la foi de ventes matures sans prendre en compte la nécessaire montée en puissance de la production et… des ventes à réaliser…
    Même punition que pour Ynsect. A rebours d’autres, la production d’insectes pour de l’alimentation animale n’était pas forcément une idiotie mais nécessitait une usine initiale de taille modeste quitte à l’étendre ensuite par des modules supplémentaires. Pas une cathédrale industrielle démesurée.

    1. Murps

      Le production de nourriture avec des insectes est une gigantesque connerie, c’est plus cher et plus compliqué que l’élevage de vaches, cochon, couvée.
      Les fondateurs et administrateurs d’Ynsect ont beau avoir des CV de compétition, on voit bien que ce sont des idéologues et le plantage était garanti, comme celui des autres boîtes sur le même créneau.
      Les convictions et les profils prestigieux ne pèsent pas lourd face à la physique et les lois du marché.
      Toutes, absolument toutes les boîtes, sans une seule exception, tous les projets basés sur l’écologie se cassent la figure dans les grandes largeurs, la plupart du temps au frais du contribuable : solaire, route solaire, éolien terrestre et offshore, méthanisation (methabaz, methalandes, https: //repreneurs.com/code-sectoriel/3521z-production-de-combustibles-gazeux, hydroliennes(Sabella, Guinard, OpenHydro, Morbihan hydroenergies…), machines à énergie des vagues, usines de recyclage de trucs machins(Valoregen, Atlan, Rematch, Granuplast, Recy-ouest, Soex… ), plan hydrogène (Symbio, Nikola, MacPhy, Hyvia…), batteries (Northvolt, Morrow, BritishVolt…,), j’en oublie une floppée.

      Je ne vous parle même pas des accidents à répétition et des morts sur les sites de méthanisation, encore un scandale auquel les média et nos politiques feraient bien de s’intéresser, mais c’est encore une vache sacrée.

      Nul besoin d’être devin ou expert, la totalité des conséquences étaient parfaitement prévisibles : c’est stupide, compliqué, ça coûte horriblement cher ça fonctionne très mal et parfois pas du tout, mais … C’est vert.

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